Un trou noir enveloppa mes yeux

Une histoire fiction de migration écrite par Léna, 5è primaire.

Les cris de mon père me réveillèrent. Ils arrivent ! Ils arrivent ! Je me suis levée d'un bond et j'ai courru, courru... Mon papa me suivait. A l'orée du bois, un train arriva. J'ai sauté dedans. Mon père aussi. J'avais peur. Qu'allait-il nous arriver?

Dans le train, nous étions avec des centaines de personnes, mais seuls. Quand le bruit s'arrêta, je fondis en larmes. je ne savais quoi faire. J'avais peur qu'ils nous rattrappent et qu'ils nous tuent comme ils avaient tué ma maman. MAMAN !!! Je l'aime trop. Et voilà que les derniers bruits que j'entends d'elle sont des bruits de soufrance. JE L'AIME. Trop pour penser qu'elle soit morte. Maman, aide-moi, dis-moi que toi aussi tu m'aimes, que tu n'es pas morte, que tu es là avec moi. J'avais faim. Je pris une pomme et croquai dedans. je m'endormis dans un dernier Je t'aime...

Quand le train entra en gare, je regardai dehors, c'était un port. Mon père me dit: descendons et trouvons un bateau allant en Belgique.

 



Je me relevai tout doucement quand il me poussa dehors.

« Fais vite, nous devons être en sécurité ! 

- Et maman ? 

- On ne peut plus rien pour elle !»

Je retiens mes larmes. J’avais oublié, elle n’est pas avec nous, elle n’est plus avec personne.

Et je sortis en courant. Déjà, un « Tang » se faisait entendre.

On rentra dans le premier bateau qu’on vit. Il s’appelait le Titanic, joli nom, non ? Et on partit vite dans les caves du Titanic !

Le bruit qui disait qu’on partait s’enclencha et on partit pour ce que l’on croyait être un voyage tranquille… Le début se passait bien, enfin pour le bateau car moi, je n’étais pas bien du tout. J’étais seule, en boule. Je suis avec mon papa. Pas de problème me répète tout le temps mon cerveau, mais moi, j’ai peur en fait, j’ai un grand problème avec les bateaux. Quand, tout d’un coup, un grand TANG se fait entendre et je sentis qu’on descendait… HA HORREUR, le bateau coule. Mon père est endormi et j’avais beau le baffer, il ne se réveillait pas. Je sors, je regarde de tous les côtés le monde courir. Je ne sais pas bouger, je cherche mon chemin, je ne trouve pas, je panique, je saute à la mer et je tombe pile sur un bateau gonflable, il n’y a personne dessus. Je prends les rames et je pars. Lorsqu’un enfant saute dans l’eau à côté de moi, il dit : « Au secours ». Je ne prends pas le temps de savoir. D’un coup, on vit un triangle gris foncé dépasser de la mer, Haaaa… Un Requin ! Le requin tournait autour du bateau, on est ses prochaines victimes. Le requin allait se lancer quand un énorme bateau l’écrasa, OUF !!!

Le bateau ne nous vit pas, mais il nous envoya valser loin de là… Le bruit du bateau m’avait assommée et surtout le choc m’avait fait de grosses blessures. Je me suis réveillée sur une grande plage presque déserte et oui, car la fille beige, je ne sais pas son nom d’ailleurs, était écroulée, le bout des pieds touchant sa tête. Était-elle morte ? Je vis une noix de coco vide, remplie d’eau et la versai sur elle, elle se réveilla en sursaut : Maman, il est trop top. J’ai fait un rêve étrange, il y avait une fille extraterrestre…

Je la coupai. Je t’avais pourtant dit que j’étais juste un peu différente de toi ! Elle se leva…

DESOLEE !!! Mais c’est que tu es si différente. Je ne suis pas différente ! Bon, laisse tomber, on doit chercher à manger, j’ai faim !

MOI AUSSI !!! Je veux mon chocolat ! Tu as du chocolat ? Ben oui ! Ho, je suis coincée sur une île déserte avec une fille totalement snob qui mange du chocolat ! Bon, il faut lui dire qu’il n’y a pas de chocolat ! Tant pis, elle s’en rendra compte ! Allons chercher des bananes… Il doit y avoir ça sur cette île ! En fait, il y en avait. Il se fait tard, construisons une cabane solide pour la pluie !

Moi, dormir dans une cabane ? Comme une simple paysanne ! PAS QUESTION !

HO, tu veux dormir dans un palace en chocolat ? OUI !!!

Bon, allons chercher du bois pour la cabane, tu viens avec moi ?

Hou hou… Réponds moi… Est-ce que tu viens avec moi ?

Je me retourne, elle n’est plus là ! Hou hou, où es-tu ?

Pas de réponse…

Une heure après… J’ai cherché dans tous les coins de l’île quand un CRITCH se fait entendre derrière moi ! Je me retourne et je la vois… Je lui saute dans les bras, elle me dit : Je ne savais pas que tu m’aimais autant ! Je lui dis : mais j’avais tellement peur pour toi ! regarde, j’ai une surprise pour toi !

En fait, derrière les buissons se trouvait une magnifique cabane dans les arbres, WAOUH !

Et en plus, à côté, il y a un Cacaotier ! on peut faire du chocolat ! WAOUH !!!

A l’intérieur, il y avait une table avec des fleurs un peu partout. Comme il faisait beau, il y avait des hamacs tissés eux aussi, mais avec des fleurs qui pendaient aux arbres ! Et la même chose, mais à l’intérieur, il y avait même des tyroliennes pour aller de pièce en pièce. JE T’ADORE !!!

D’ailleurs, comment tu t’appelles?, lui demandais-je. Sofia et toi ? Zaïra. Super joli ! Merci !

Bon, ai-je dit, dans un bâillement, je suis fatiguée, allons dormir en haut, il ne risque pas de pleuvoir cette nuit. Demain, on essayera de construire un bateau… Bonne nuit zzzz…

Le lendemain matin, on se leva de bonne heure et on travailla si bien que le bateau fut fini en fin de journée. Puis, après avoir mangé une saucisse de singe et lui avoir donné une pomme que j’avais mis dans ma poche pendant le voyage en train, on s’endormi à la belle étoile…

Le lendemain, on partit pour l’Europe, enfin, je crois car on avait pas de carte de la mer !

Quand, tout d’un coup, un triangle gris dépasse de la mer… Ho non, pas encore un REQUIN !

Mais non, me dit Sofia, ce sont des dauphins, WAOUH !

Les dauphins ont sauté autour de nous, c’était magnifique !Et puis, on les vit s’éloigner. Quelques jours plus tard, Sofia ne se senti pas bien… Elle me dit : Je ne sais pas ce qu’il m’arrive, j’ai l’impression que j’ai perdu quelque chose de très important… Quand, d’un coup, elle se souvient… Ce sont ses parents, ils ont coulé avec le bateau. Elle se met à pleurer. Je lui dis : moi aussi, j’ai déjà vécu ça, mais dis-toi qu’en sautant, tu as sauvé ta vie et c’est ça qui compte. Tes parents seraient fiers de toi ! Merci, tu m’aides beaucoup !

 

TERRE EN VUE !!!

HAAA, ne crie pas si fort Sofia, c’est la troisième fois que tu dis ça cette année ! Oui, je sais !

Mais là, c’est vrai ! En fait elle était tout près d’ici et cette fois, pas une île déserte.

L’EUROPE !!!

Enfin, on y était arrivé. Des énormes bateaux passaient à côté de nous. Sautons à l’eau !

Et nous nageons jusqu’à la rive. ENFIN des humains après avoir erré dans l’océan pendant 5 ans, on arrive enfin à la civilisation !

Et maintenant, dit Sofia, où va-t-on ?

Je ne sais pas ! En Europe, tout le monde parle du Titanic. Si on dit qu’on est des survivants du Titanic, ils voudront bien nous aider ! Oui, bonne idée, commençons par ce café-là !

Demandons à cette serveuse, elle devrait pouvoir nous aider. Mais au lieu de ça, elle hurle : HAAA, une marocaine, elle va me tuer haaa… !

(En fait, je viens de me rendre compte qu’on était dans le pays contre lequel on était en guerre)

Haaa, appelle la police, deux petites marocaines…

Mais…dit Sofia, je ne suis pas marocaine !!! Tu mens très mal, Sofia.  Je me rends compte que, pendant 5 ans, elle devenue métisse à rester au soleil et à ne pas mettre des crèmes solaires !

Les policiers arrivent… Vite, il faut partir, mais les policiers étaient déjà là !

Et on se retrouva en prison. Il y avait quelqu’un dans la même cellule que nous, quelqu’un qui me semblait familier…

 

MAMAN !!!! ZAÏRA ?

Maman ! (gros câlin)

Il faut partir d’ici ! Oui !

J’ai une idée… Cette nuit, le gardien qui sera à notre porte s’endormira et on lui prendra les clés ! Bonne idée, dit Sofia. Bon, attendons alors la nuit…

Et en fait, la nuit…

Vite, on prend et on sort, c’est tout simple ! OK ! Et très vite, on fut sorties…

« Regardez » dit Sofia . Sur le journal : « LE SOIR » était écrit en première page :

                                  La guerre entre nous et les marocains est terminée, personne n’a gagné.       

                                  Un bateau partira demain pour le Maroc avec le Président de notre Pays

                                   Pour signer un pacte.

OUI !!!! On va pouvoir rentrer !!!!

« Et moi ? » dit Sofia

Heu, tu peux venir avec nous ! Oui !

Et le lendemain matin, nous étions partis.

Maintenant, je suis à la maison et je vis une vie tranquille avec Sofia !

 

                                                               FIN