Dossier de présentation

Rédigé le 07/04/2019
Les rhétos de Saint-Charles


Le dossier powerpoint avec toutes les photos est à télécharger en bas de page.

Il y a presque un an, nous avons accepté une mission spéciale, partir 2 semaines au Sénégal afin de découvrir une nouvelle culture, de vivre autrement et d’échanger avec de jeunes Sénégalais à Guélack, un village qui lutte depuis 25 ans contre l’avancée du désert.



Nous avons organisé de nombreuses activités afin de payer les coûts du voyage :

- Dès le mois de mars, nous avons disposé les couverts pour les 2700 convives du boeuf gras à Mouscron.

- Fin juin, nous organisons avec un garage la diffusion d’un match des diables rouges au Mondial. Le succès de foule est au rendez-vous. De plus, les diables rouges ont la bonne idée de gagner .

- Début juillet , 4 industriels de la région décident également de diffuser un match du mondial.

- Pour les 24 heures de Mouscron, la firme LUTOSA nous donne gratuitement frites, huile et sauces. C'est 860 kg de frites que nous avons vendus et encore, on aurait pu faire plus.

- En octobre, nous organisons un petit-déjeuner équitable en partenariat avec Oxfam. C’est une première, mais qui cadre bien avec l’esprit du voyage.

- Enfin, nous avons vendus plusieurs milliers de bidons de l’excellent lessive que nous a proposée une firme qui elle aussi soutient notre action.




Parallèlement à cette recherche d’argent, on s’est aussi concentré sur le voyage et nous nous sommes retrouvés pour des formations qui nous ont permis de mieux comprendre ce qu’est la citoyenneté mondiale, mais aussi de créer une dynamique de groupe. Notamment, nous avons réfléchi à certaines problématiques de l’agriculture dans le sud avec une animatrice de l’ONG Iles de Paix.



Après 5h30  de vol, nous découvrons notre magnifique  bus. Bien entendu, ça change du bus qu’on avait pris le matin.

Malgré notre enthousiasme,  le choc culturel se marque tout de suite. La circulation, des gens partout, la chaleur, les déchets, les gens qui vous accostent, les odeurs,....  Rien ne ressemble à chez nous. C’est le début de l’aventure et des réalités africaines. Si celles-ci nous semblent compliquées au début, on s’habitue vite, on arrive vite à relativiser et on se rend compte de la chance que nous avons en Belgique.




La ferme de Kaydara constitue notre première visite. C’est une ferme enseignant l’agroécologie et située à environ 150km au Sud de Dakar. Elle a débuté en 2003. Il n’y avait rien à cet endroit à l’époque, uniquement un sol aride et dépourvu de toute végétation. La première action des fondateurs de la ferme a été de planter des cocotiers dont les racines ont fixé le sol et d’avoir une couverture végétale et de l’ombre qui limite l’évaporation de l’eau.

Des jeunes viennent se former durant 9 mois aux techniques agroécologiques dans la ferme dirigée par Gora. Ils ont le temps de se constituer des semences, un capital végétal et animal et pourront ensuite s’installer dans une micro-ferme de 1ha et y vivre décemment. Endurance, persévérance et courage sont la devise.



Notre travail consiste à préparer du compost : il faut prendre du compost sécher d’y ajouter du son et de l’eau et tout bien mélanger. Un autre groupe prépare les pots destinés à recevoir les cocotiers qui seront déplantés et replantés dans ces pots. En quelques heures, nous empotons 100 cocotiers qui seront utilisés dans les nouveaux terrains acquis pour les jeunes agriculteurs en formation.




Mohamed, ancien élève nous raconte son histoire. Il avait décidé de prendre un bâteau pour l’Europe. Il quitte le Sénégal et se rend dans un premier temps en Mauritanie où il travaille un peu pour payer son voyage. Il arrive alors au Maroc. Il trouve des petits travaux et vit dans des conditions très difficiles. Sur place il a le temps de réfléchir et se rend compte qu’il n’a peut-être pas fait le bon choix. Il décide alors de revenir.

Il décide alors de venir se former durant 9 mois aux techniques agroécologiques dans la ferme de Kaydara. Les jeunes ont ici le temps de se constituer des semences, un capital végétal et animal et pourront ensuite s’installer dans une micro-ferme de 1ha et y vivre décemment. Endurance, persévérance et courage sont la devise.



Dimanche, c’est notre jour de départ pour Dakar. Voici la journée tant attendue par beaucoup de monde : l’animation des enfants talibés. 

Tout d’abord, c’est quoi un enfant talibé.  Un enfant talibé est un enfant pris en charge dès son plus jeune âge par un marabout qui va lui enseigner le coran et l’arabe dans un dara (école coranique).  Lors de sa prise en charge, il dit aux parents que l’enseignement est gratuit et que tout sera fourni à l’enfant.  C’est d’ailleurs pour cette raison que les parents, généralement pauvres,  acceptent de confier leur enfant à ce marabout, pour qu’il ait une éducation.



Dés notre arrivée, nous avons été surpris l’état de délabrement des bâtiments dans lesquels les enfants devaient vivre.



Pour les animations, des groupes se sont constitués: les uns s’occupaient des plus petits en leur proposant des activités qui nous permettaient de nous rencontrer au-delà des barrières de la langue.

Pour clôturer, nous avons terminé par des danses et farandoles dans la rue où tous les enfants du quartier se sont joints à nous.



Nous prenons ensute la longue route qui remonte vers le Nord, vers Guelack, et nous faisons halte au désert de Lompoul. Lompoul est un petit désert de 5km².

Nous avons là notre premier contact avec la vie des nomades dans le désert : nous logeons dans des tentes, expérimentons le déplacement en dromadaire et nous découvrons une technique de plantation d'eucaliptus que les habitants ont utilisée pour stopper l’avancée du désert poussé par le vent qui vient de Mauritanie.



Après une longue route, nous arrivons enfin dans le village de Guélack. Quel dépaysement. Des paysages typiquement africains et somptueux se dressent devant nous. Nous sommes, comme d’habitude,  chaleureusement accueillis par  Ousmane et Doudou, les fondateurs du projet Guélack.



Le village de Guélack qui compte environ 1700 habitants dispersés en une trentaine de hameaux se situe à 26 km à l’Est de Saint-Louis, à proximité du fleuve Sénégal.



Situé en milieu sahélien (300 mm de précipitations annuelles), Guélakh est habité par des éleveurs peuls, autrefois semi-nomades et par des agriculteurs wolofs.  La sécheresse catastrophique des années 1970 avait profondément affecté les habitants qui vivaient misérablement et émigraient massivement.  Deux cousins, Mamadou et Ousmane Sow , ont décidé en 1989, de créer le « Groupement des jeunes éleveurs de Guélakh ».  Sous leur impulsion et celle de leurs épouses, la communauté s’est prise en charge en construisant une ferme-école et de nombreux équipements collectifs. 



Actuellement, le village est quasiment autonome et dispose d’une classe de maternelle, de six classes de primaires et grâce au projet de 2014, de trois classes de collèges dont une financée par nos soins et bâtie avec l'aide de nos élèves.  Nous y trouvons également des classes pour le centre de formation intégrée et le labo de sciences financé l’année dernière.




Evidemment les élèves ne sont pas restés les bras croisés.  Certains sont allés animer les enfants de la classe maternelle.

Et puis il y avait les travaux plus manuels, comme :

  • S’occuper des animaux en leur donnant à manger, en les trayant.
  • Creuser des tranchées  dans les champs pour planter des euphorbes qui allaient servir de clôture pour délimiter les parcelles de terre en arrêtant le sable poussé par le vent ou faire porteur d’eau.
  • Certains donnent un coup de main au menuisier,  au ferronnierou à la teinturerie.

Certains se sont découvert des talents d’électricien, pendant que d’autres participaient avec joie au ramassage de bouses pour alimenter la cuve de biomasse fournissant le biogaz.









Nous avons aussi rencontré les étudiants du centre de formation agricole de Guelack, avec lesquels nous avons échangé sur nos manières de vivre. Les contacts se poursuivaient lors des travaux que nous effectuions chaque jour en compagnie des élèves sénégalais, ou le soir de manière informelle.

Ces échanges ont permis à nos élèves de discuter avec ces jeunes, notamment sur leurs rêves et la manière dont ils voient leur avenir.  Ils ont pu remarquer que même si parfois les objectifs étaient les mêmes (avoir une famille, réussir dans la vie, avoir une maison…), le désir de chacun était très différent (une femme et deux enfants pour certains, 4 femmes et 8 enfants ou plus pour d’autres, devenir chef d’entreprise ou président pour pouvoir influencer et agir sur les décisions politiques importantes pour l’avenir du pays…) 



Un groupe de musique existe dans un hameau voisin de quelques km. Arrivés sur place, nous sommes fermement attendus et ne pouvons nous échapper aux différentes danses. Les élèves n’ont pas dû se faire prier.  Ils sont vite entré dans la danse.  Et tout le monde y allait de son petit pas.



En quittant Guélack, nous réalisons que par l’effet de la mondialisation, les interdépendances entre les différentes parties du monde sont telles que ce qui se passe ailleurs a un impact sur nos existences, et réciproquement. Accéder à l’émancipation, acquérir les capacités grâce auxquelles nous faisons face aux événements qui nous arrivent dans nos pays respectifs, implique de connaître le fonctionnement du monde et de s'engager pour le rendre plus juste et solidaire.


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