Commémoration André Van Den Heede

À Molenbeek, une plaque retrouvée, une mémoire ravivée et un message contre la haine



La plaque commémorative dédiée à André Van Den Heede a retrouvé mardi sa place sur le mur extérieur du commissariat central de Molenbeek-Saint-Jean, rue du Facteur. Disparue pendant plusieurs années avant d’être retrouvée au musée communal, elle rend à nouveau hommage à cet ancien commissaire adjoint, engagé dans la Résistance et mort en déportation en 1945.

 



Une plaque retrouvée grâce à un travail de mémoire

La remise en place de la plaque est aussi le fruit d’un travail de longue haleine mené autour de la mémoire d’André Van Den Heede. La famille du policier résistant a joué un rôle important dans cette démarche, aux côtés de l’association Mémoire, Culture et Transmissions, représentée par Michel Caldena et Guy Marchand.

 



Mais au-delà de la réinstallation de cette plaque, la cérémonie a surtout été l’occasion de rappeler l’importance de la transmission de la mémoire aux jeunes générations, dans un contexte où les discriminations, la haine et l’antisémitisme continuent de traverser nos sociétés.

 



 

Famille d’André Van Den Heede, autorités communales, représentants associatifs, élèves et enseignants étaient réunis pour cette cérémonie placée sous le signe de la mémoire et de la transmission. La Musique royale des Guides, forte d’une soixantaine de musiciens, a accompagné ce moment solennel.

 

 



L’association s’est particulièrement investie pour que cette mémoire locale ne reste pas cantonnée aux archives ou aux souvenirs familiaux, mais puisse être partagée avec les nouvelles générations. Son action consiste notamment à créer des passerelles entre les lieux de mémoire, les témoins et les familles, les écoles et les jeunes, afin de donner une dimension concrète au travail de transmission.

Dans le cas d’André Van Den Heede, cette démarche a permis de remettre en lumière le parcours de cet ancien policier molenbeekois devenu résistant, mais aussi de faire participer directement des élèves de la commune à la commémoration.

Pour Mémoire, Culture et Transmissions, cette implication de la jeunesse est essentielle: une plaque commémorative ne prend véritablement son sens que lorsqu’elle devient le support d'une histoire que l'on raconte, que l'on questionne et que l'on transmet.

Le travail mené autour d'André Van Den Heede s'inscrit ainsi dans une démarche plus large portée par l'association : faire de la mémoire un outil d'éducation et de sensibilisation face au racisme, à l'antisémitisme, aux discriminations et aux différentes formes de haine.



Des élèves au cœur de la transmission

L'une des particularités de cet hommage réside précisément dans l'implication d'élèves de l'école communale Aux Sources du Gai Savoir. Leur participation ne s'est pas limitée à assister à la cérémonie : ils ont contribué à faire revivre la mémoire d'André Van Den Heede et à permettre que son histoire soit transmise au-delà du cercle familial.

Cette participation a été saluée par les responsables présents, qui ont souligné l'importance d'associer les jeunes Molenbeekois aux cérémonies commémoratives organisées dans leur commune.

Le réalisateur André Bossuroy, de l'asbl Mediel, était présent pour filmer la cérémonie dans le cadre du projet UNHATE, Sans haine - lutter contre l'antisémitisme à l'ère numérique, soutenu par la Commission europénne, et destiné aux écoles et aux jeunes. Cette démarche constitue en effet l'une des bases du projet UNHATE (www.unhate.app) : partir d'histoires et de lieux de mémoire pour sensibiliser les jeunes aux mécanismes de la haine, de l'exclusion, de l'antisémitisme et des discriminations.

 



« L'éducation et la transmission sont nos meilleures armes »

La bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Catherine Moureaux, a insisté sur le rôle essentiel de cette transmission.

« L'éducation et la transmission sont nos meilleures armes contre l'oubli, l'intolérance et toutes les formes de haine », a-t-elle souligné.

Un message qui prend une résonance particulière alors que les actes et discours antisémites et discriminatoires continuent de susciter des inquiétudes. Dans ce contexte, les cérémonies commémoratives ne sont pas seulement tournées vers le passé : elles peuvent aussi devenir des espaces de réflexion sur les valeurs démocratiques, le respect de l'autre et le refus de toutes les formes de discrimination.

L'implication des élèves, encouragée et accompagnée par les associations et les acteurs locaux de la mémoire, donne ainsi une dimension particulière à cet hommage. En découvrant le parcours d'un homme de leur commune qui a choisi de résister à l'occupant et qui a payé cet engagement de sa vie, ils deviennent à leur tour des acteurs de la transmission.

 



Alain Van Slambrouck, officier Protocole, a clôturé la cérémonie qui s'est déroulée dans une atmosphère solennelle placée sous le signe de la mémoire, de la transmission et de la lutte contre la haine.