L'Ombre et le Juste - Itinéraire d'un enfant caché

En Belgique, sous l’occupation nazie, des milliers de Juifs, y compris des enfants, ont été contraints de se cacher chez des familles, dans des institutions, laïques et religieuses, pour échapper aux rafles. C’est cette histoire que nous raconte ce film, à travers le parcours de Charles Erlbaum, un enfant juif sauvé par des héros. Vous découvrirez comment des personnages comme Andrée Geulen, Odile Henri et Rémi Ovart, au pensionnat Gatti de Gamond à Woluwé-Saint-Pierre, et l’abbé Joseph André à Namur, des Justes parmi les Nations, ont risqué leur vie pour offrir refuge et sécurité à ceux qui fuyaient l’horreur. Dans ce film qui allie témoignage et fiction, le réalisateur a choisi de faire porter par de jeunes enfants et leurs parents le défi d’incarner les événements vécus par Charles Erlbaum. Le tournage a eu lieu dans le Bruxelles et le Namur d’aujourd’hui ainsi que dans l'ancienne cure du petit village d'Enines en Brabant wallon.



La Résistance au féminin

 



Odile Henri-Ovart
Née le 29 mai 1892 à Orp-le-Grand.
Résistante au sein de l’Armée secrète durant la Seconde Guerre mondiale, elle fut également directrice de l’Institut Gatti de Gamond.
Arrêtée et déportée, elle est décédée en mars 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen.

Rémy Ovart
Né en 1899 à Piétrain, époux d’Odile Henri.
Résistant de l’Armée secrète, il fut arrêté puis déporté dans les camps de concentration de Sachsenhausen et de Buchenwald.
Il est décédé en avril 1945.

 


Odile Henri, institutrice de formation, loue, avec son mari, l’Institut Gatti de Gamond dans les années 1920. Avec son mari, Rémy Ovart, ils entrent dans la Résistance et sont membres depuis 1941 de la Légion belge, qui deviendra l’Armée Secrète. La même année, ils hébergent l'état-major central de la Légion Belge dans l'annexe du pensionnat ; puis des aviateurs, des combattants, des réfractaires. La directrice entre ensuite en contact avec le Comité de Défense des Juifs, dit CDJ, créé à la fin de 1942, quand les grandes rafles sévissent en Belgique et que les enfants eux-mêmes sont pourchassés, n’ayant plus le droit d’école, tout simplement de vivre. Le jour de la rafle, elle est conduite à la Sipo-SD puis incarcérée à la prison de St Gilles. Le 24 mars 1944, après de nombreux interrogatoires menés par la Gestapo, Odile Henri-Ovart est déportée au camp de concentration de Ravensbrück en tant que prisonnière politique. Transférée à Bergen Belsen en février 45, elle y meurt un mois plus tard dans des conditions terribles. Le 8 décembre 1994, Odile Henri reçoit, à titre posthume, le titre de « Juste parmi les Nations » décerné par l’Etat d’Israël.

Odile Henri, son époux Remi Ovart, et leur fille Andrée âgée de 22 ans, furent arrêtés et conduits à la prison de Saint Gilles. La famille reçut un ticket de sortie pour les trois. Odile Henri l’offrit à sa fille en lui donnant la priorité. Rémi Ovart fut déporté sans motif et décéda dans la marche de la mort en 1945.

 



Andrée Geulen
Née le 6 septembre 1921 à Schaerbeek
Morte le 31 mai 2022

 


Andrée a réalisé des études à l’Ecole normale pour devenir institutrice et commence à exercer dans une école primaire de la capitale. Un matin de 1942, elle voit arriver certains de ses élèves à l’école avec l’étoile jaune. Avant ce moment, elle n’avait pas conscience des diverses ordonnances antijuives déjà en vigueur. Indignée par la discrimination que ces élèves subissent, elle leur demande de porter un tablier afin de cacher ce symbole stigmatisant.
Ancienne camarade de classe d’Andrée Ovart, elle va être hébergée par la famille au sein de l’Institut Gatti de Gamond, mais n’y travaille pas. C’est ainsi, que par l’intermédiaire d’Odile Henri, elle va être présentée à Ida Sterno et commencer à travailler pour le CDJ. Sa tâche consiste à accompagner des enfants juifs jusqu’à leur cache. Entre le printemps 1943 et la Libération, elle va accompagner plus de 300 enfants en lieu sûr. Lors de la rafle au pensionnat, Andrée échappe à l’arrestation et part prévenir les enfants juifs externes à l’Institut, de ne pas venir à l’école le lendemain matin. En 1989, Andrée se voit attribuer le titre de Juste parmi les Nations par l’Etat d’Israël et, en 2004, elle reçoit le titre de Mensch du CCLJ - Centre communautaire laic juif.

 

 



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